«Poppée», comme par miracle

La prestation renversante de la soirée a été celle de l’épouse du chef, Mariana Flores, en Ottavia. Il est vrai que Monteverdi l’a gâtée (son dernier « Adieu » !), mais la somme d’inflexions expressives et de dosages vocaux millimétrés dans son air de l’acte I était stupéfiante.

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La soprano Mariana Flores est toujours aussi raffinée, nous gratifiant d’une Ottavia aux mille coloris vocaux. Même chose avec l’Ottone de Christopher Lowrey, un contre-ténor plus sombre que Balducci.

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Coulée des cordes donc, au service du délicat Jacques Arcadelt, quand se font entendre, venues du fond de l’église, les voix des sopranos Mariana Flores et Gwendoline Blondeel. Les sopranos s’avancent, se rejoignent devant l’autel et déjà l’on vit un moment fort, à l’écoute de ces deux voix qui de toute éternité semblent faites pour chanter ensemble.

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La basse sonore d’Andreas Wolf
impressionne toujours par sa chaleur et sa beauté
de timbre, même si son Tancrède, qui sollicite
beaucoup l’aigu, montre parfois un peu de raideur.
À l’inverse, Mariana Flores émerveille par sa variété
d’accent, caressante dans l’attaque de « Si dolce è
il tormento » – rapidement développé en
madrigal – et particulièrement émouvante dans les
dernières paroles de Clorinde « S’apre il ciel ; io
vado in pace »